Les echos du bowl

Solution anti S.A.R.A

    
Dans le département de Seine-et-Marne, la plus grande décharge française va produire du biocarburant à partir de biogaz issu de déchets et se porte candidate pour un site de stockage du CO2.

D'ici à quelques semaines, les véhicules circulant sur le site Veolia Propreté de Claye-Souilly (Seine-et-Marne) rouleront au biocarburant. Mais pas n'importe lequel. Celui-ci sera fabriqué à partir du biogaz produit par fermentation des déchets ultimes, qui sont traités à Claye-Souilly. Le site, qui occupe près de 270 hectares, bénéficie d'une autorisation de traitement de 1.100.000 tonnes par an jusqu'en 2026. Ce qui en fait la plus grande décharge de France. Mais, chez Veolia, on parle de « filière globale de valorisation et de stockage de déchets non dangereux ». Le terme de « décharge » apparaît en effet quelque peu réducteur au vu du circuit sophistiqué suivi par les déchets.

Parmi ceux-ci, 200.000 tonnes sont transportées chaque année par barge depuis Gennevilliers sur la Seine puis la Marne, remplaçant ainsi 9.200 camions. Quelque 65.000 tonnes devraient bientôt être transportées par voie ferrée. À la sortie du centre de tri, les déchets ultimes sont entassés dans les casiers d'enfouissement où, stockés sans oxygène, ils se décomposent en émettant du biogaz, composé à 50 % de méthane. Récupéré en permanence par captage, celui-ci est à son tour transformé en électricité, au travers d'une chaudière à vapeur et d'une turbine à gaz. Vingt-sept mégawatts par an sont ainsi produits à Claye-Souilly. Soit la consommation d'électricité (hors chauffage) de 228.000 habitants.

C'est une nouvelle étape, qui va être franchie d'ici peu, avec la transformation de ce biogaz en biocarburant, qui nécessite de passer d'une teneur de 50% à 95% de méthane. « La production prévue est de 60 normomètres cubes de biométhane par heure, à même d'alimenter 210 véhicules légers à raison de 40.000 kilomètres par an, note le directeur de la recherche de Veolia Environnement, Michel Dutangs. Ce seront des véhicules du site ainsi que la flotte municipale de Claye-Souilly. Dans un deuxième temps, nous n'excluons pas de faire rouler des véhicules plus lourds comme ceux utilisés pour la collecte. »

Mais le site pourrait faire à nouveau parler de lui dans les prochains mois. C'est en effet l'un des cinq projets de captage et de stockage du CO2 ayant répondu à l'appel à manifestation d'intérêt sur les démonstrateurs de recherche, ouvert en septembre dernier dans le cadre d'un fonds de 400 millions d'euros mis en place par le gouvernement. « Ces solutions pourraient potentiellement absorber 100 millions de tonnes de CO2 en 2050, explique-t-on au ministère de l'Environnement. Une quantité significative en comparaison des 540 millions de tonnes qu'émet la France aujourd'hui même si c'est surtout pour le développement de pays tels que la Chine, qui ouvre une centrale à charbon chaque semaine, que la technologie pourrait s'avérer essentielle. » Un marché que le ministre Jean-Louis Borloo n'entend pas laisser passer. « Il y aura des centres de captage et de stockage de CO2 dans les pays émergents alors autant avoir une filière française solide. D'autant plus que nous avons des leaders mondiaux de l'environnement », rappelle-t-il. Pas question cette fois de rater le coche comme cela a été le cas pour le photovoltaïque. n

Dominique Pialot

copyright ©2009 – LaTribune.fr

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