Les echos du bowl

LAST NEWS/ GUIRREC ET MONIQUE LA POULE




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 Après 32 jours, 3400 milles (soit 6000 km) luttant contre le froid, la faim, et la fatigue permanente. Le passage du Nord-Ouest est enfin derrière nous !
Il me semble être le plus jeune navigateur à l’avoir traversé en solitaire et une chose est sure : Momo est la SEULE poule de l’histoire des poules ! 

Il était 23h30 ce fameux soir du 31 juillet quand un peu anxieux, j’ai relevé l'ancre devant le petit village de Saqqaq. J’avais le cœur aussi lourd que les 80 mètres de chaines que je tirais. Petit à petit le brouillard s’est installé, le village estompé et la visibilité est devenue nulle. 
J’ai encore du mal à y croire, après plus d’un an je quitte ce pays qui m’a tant appris. Tellement de choses s’y sont passées. Le décès de mon père, mon hivernage, où plusieurs fois j’ai cru tout perdre, la rencontre avec cette nature si belle, si puissante et en même temps si fragile, mes nouveaux amis avec qui j’ai tissé des liens éternels Uno, Lukaka, Julien, Adam et tous les autres. 
J’ai laissé derrière moi, une part de moi. Je ne sais pas quand mais je reviendrai. 

Vous l’aurez compris, la traversée n’a pas été simple. Nous avons rencontré beaucoup d’obstacles : des plaques de banquise dérivantes, des courants violents, des icebergs, des hauts fonds qui rendent le passage du Nord Ouest célèbre et périlleux. 

Comme si cela ne suffisait pas à l’échelle des sensations, une difficulté supplémentaire s’est ajoutée pour nous. Naviguant trop proche du pôle magnétique, le pilote automatique ne fonctionnait plus. Obligé de rester à la barre pour garder notre cap, je dormais peu : 10 minutes par 10 minutes. Le sentiment d’insécurité était omniprésent, Yvinec à la cape au milieu de cette mer de glace, souvent nous étions réveillés en sursaut par le bruit sourd de celle-ci qui tapait la coque. 

Parfois dans le brouillard d’étranges silhouettes se dessinaient vaguement... Inquiet, j’avais la sensation d’être sur la côte et de faire fausse route. Erreur ! D’immenses murs de glace se dressaient brutalement et de toute leur puissance devant nous. À bord c’était la cavalcade ! Obligé d’arrêter le moteur et de changer de direction dans l’urgence. 

À défaut d’être chaud le soleil (quand il est là) nous rendait la vie plus agréable. En navigation le temps n’existe plus. Nos journées étaient rythmées par les bleus, les mauves, les ors, les orangés donnant aux paysages des allures d’aquarelles. Dans le grand nord les décors sont à couper le souffle. Les ours, les phoques, les narvals, et les baleines nous escortaient. Monique trop heureuse de trouver des copains se pavanait fièrement devant eux sur le pont !

Dans les deux villages Inuit ou nous nous sommes arrêtés quelques heures pour faire escale, là encore elle a fait sensation. Ses œufs aussi d’ailleurs ! Il faut dire que les poulettes ça ne court pas les rues là-haut ! 
Après avoir traversé les mers du Baffin, de Beaufort, de Tchouktches … Nous sommes arrivés à Nome, fous de joie le 1er septembre 2016. 

Quelle fierté pour moi de voir tout ce chemin parcouru avec mon petit bateau ! Sans bagage scolaire (13 écoles au compteur), sans expérience et sans un sou ! Tout ça n’était pas gagné, je peux vous le dire ! Mais j’ai travaillé dur et j’y ai cru. 

Plus que jamais aujourd’hui je suis convaincu qu’avec la détermination, la persévérance et la foi il est possible de mener à bien ses projets. La plupart du temps, nos seules barrières sont celles que l’on s’impose, il y a toujours une bonne excuse pour ne pas se lancer ! Alors j’espère que mon aventure inspirera ceux qui doutent où qui n’ont pas assez d’assurance. Quel qu’ils soient et où qu’ils soient au bout du monde, où dans la rue d’à côté : vivez vos rêves et vos passions ! 
Quant à nous, nous aurions aimé nous reposer mais nous devons quitter la mer du Béring au plus vite car de grosses dépressions s’annoncent. Nous nous dirigeons un peu plus au sud vers Kodiak où nous pourrons ENFIN décompresser. 

Ensuite ? Nous rejoindrons le Pacifique. À l’horizon tellement de choses nous attendent...

Kenavo Guirec et Momo !! 

????????After 32 days, 3400 miles fighting against cold, hunger, and tiredness. The Northwest Passage is behind us !
I seem to be the youngest sailor to have crossed alone and one thing is sure : Momo is the ONLY hen of the world !

It was 11:30 p.m. on this famous evening of July 31. A little anxious, I raised anchor in front of the village of Saqqaq. My heart was as heavy as the 80 meters of chain I was lifting. The fog gradually settled, the village faded and the visibility became zero.
I still can’t believe it : after more than a year spent in Greenland, I left this country that taught me so much. So many things happened to me. My father’s death. The wintering where I thought I could have lost everything. The encounter with nature so beautiful, so powerful and at the same time so fragile. My new friends with whom I forged eternal bonds : Uno Lukaka, Julian, Adam and all others.
I left behind me, a part of myslef. I don’t know when but I will come back.

You'll understand that the crossing was not easy. We have encountered many obstacles : plates drifting ice floes , violent currents, icebergs, shoals which make the Northwest Passage famous and perilous.

As if that was not enough to scale sensations, another difficulty was added to us. We sailed too close to the magnetic pole, so the autopilot was not working. Obliged to helm everytime to keep our course. I slept little: 10 minutes by 10 minutes. The insecurity was pervasive, Yvinec was adrifted to the middle of this ice sea, we were often awakened by the thud banging the hull. 

Sometimes strange shapes loomed vaguely on the fog ... Anxious, I had the sensation of doing wrong and heading toward the coast. That was an absolute error ! Huge walls of ice suddenly appeared with all their strength in front of us. I was forced to stop the engine and to change our direction in emergency.

When the sun was here it made our life sweeter. As we sail time does not matter. Our days were punctuated by blue, mauve, gold, and orange colors giving letting the landscape look like watercolors. In the far north the scenery is breathtaking. Bears, seals, narwhals, and whales escorted us. Happy to find friends Monique strutted proudly before them on the deck!

In both Inuit villages where we stopped for few hours, Monique attracted them. Her eggs too! It must be said that pullets are hard to find here!
After crossing Baffin, Beaufort and Chukchi sea, we arrived happily on September 1st, 2016.

What a pride for me ! To have done all this way with my little boat! Without any educational background (13 schools at the counter), without any experience and without a penny ! That was not won, I can tell you! But I worked hard and I believed it.

Today more than ever, I am convinced that with determination, perseverance and faith it is possible to carry out any projects. Most of the time, our only barriers are those that one we impose ourself, there is always a good excuse not to go ahead ! 

So I hope my story will inspire those who doubtful and those who don’t have enough conviction to follow their dreams. So whatever they are or wherever they live at the end of the world, or in the next street: live your dreams and your passions!

As for us, we would have liked to have some rest but we must leave the dangerous Bering Sea beacause of the bad weather. We are now heading a little further in the south toward Kodiak where we will FINALLY relax.

Then? We will move toward the Pacific Ocean. A lot of things are waiting for us ahead ! 

Kenavo Guirec and Momo !!

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 ROBINSON TAINOS GUADELOUPE

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