Les echos du bowl

L'agriculture doit changer pour nourrir le monde

09/02/2009

Les agriculteurs du monde doivent se convertir
sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si
l'on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le
défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs
experts de la FAO en matière de cultures, qui s'adressait aux
participants du IVème Congrès mondial sur l'agriculture de conservation

(New Delhi, 4-7 février 2009).

Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M.
Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la
protection des plantes de la FAO, considère l'agriculture de
conservation comme un pilier de ce changement.

"Le monde n'a d'autre choix que d'intensifier la production agricole
durable afin de satisfaire la demande croissante d'aliments pour les
hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources
naturelles. L'agriculture de conservation est un volet essentiel de
cette intensification", souligne M. Pandey.

L'agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et
rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle
repose sur trois principes fondamentaux: le travail minimal du sol, les
associations et les rotations culturales et la couverture permanente du
sol. Cela permet d'optimiser la santé et la productivité des terres.
Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100
millions d'hectares dans le monde entier.

Dommages à l'environnement

Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux
cas, contribué aux dommages occasionnés à l'environnement, faisant
reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin
de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d'êtres
humains en 2050, affirme M. Pandey.

"Dans maintes régions du monde, au nom de l'intensification, les
agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation,
l'irrigation et l'application de pesticides", rappelle-t-il. "Ce
faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l'eau, des
terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en
bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux
de croissance des rendements."

Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la
productivité agricole devrait tomber à 1,5% d'ici à 2030, puis à 0,9% de
2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.

Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a
chuté d'environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de
3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la
même période.

Réduire l'empreinte écologique

L'agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les
rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour
l'environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé
des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans
l'agriculture, réduisant l'empreinte d'un secteur qui représente
actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet
de serre.

Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en
aidant à piéger le carbone dans le sol et économiser 1 200 km³ d'eau par
an d'ici à 2030, car des sols sains préservent mieux l'humidité et ont
par conséquent moins besoin d'irrigation.

Ce n'est qu'avec l'intensification durable de la production agricole que
l'on peut accomplir de véritables progrès vers la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement concernant la réduction de
la faim et de la pauvreté et la sauvegarde de l'environnement, affirme
l'expert de la FAO. Et d'ajouter: "Or, nous allons actuellement dans la
mauvaise direction."

Il a exhorté les gouvernements, les bailleurs de fonds et autres parties
prenantes à fournir un soutien stratégique et financier pour garantir
une adoption rapide et à plus vaste échelle de l'agriculture de
conservation. Il faut accélérer la formation, la recherche participative
et le renforcement des associations d'agriculteurs tout en diffusant le
nouveau matériel nécessaire à l'agriculture de conservation et, au
besoin, en le fabriquant sur place.

Les délégués réunis au Congrès, qui constitue le plus grand
rassemblement de la communauté favorable à l'agriculture de
conservation, sont des agriculteurs, des experts ou des décideurs en
provenance du monde entier.

La conférence, hébergée par le Conseil indien de la recherche agricole
(ICAR) et l'Académie nationale des sciences agricoles (NAAS), a
bénéficié du co-parrainage de la FAO, du FIDA et d'autres organisations
indiennes et internationales. Elle est axée sur les innovations en
agriculture susceptibles d'améliorer l'efficience, favoriser l'équité et
protéger l'environnement.

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 ROBINSON TAINOS GUADELOUPE

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