Les echos du bowl

La Commission Baleinière Internationale en bref

 

 

 

Les baleines ont eu chaud donc et ont à priori gagné un petit sursis mais qu'est ce que c'est que cette CBI et comment elle fonctionne ?

 

 

LOGO de la CBI

Signée à Washington en 1946, la Convention baleinière a pour objet la conservation des baleines pour permettre un développement de l’industrie baleinière. Une réunion de la Commission (organe décisionnel de la convention) chaque année, qui réunit à ce jour 88 pays (au 1er septembre 2009). La France en fait partie depuis l’origine.

Les décisions de la Commission se prennent à la majorité des ¾ lorsqu’elles impliquent une modification du règlement de la convention (décisions de quotas, de création de sanctuaire, etc.) et à la majorité simple dans les autres cas (recommandations, résolutions non contraignantes). Le moratoire est une disposition du règlement et nécessite donc la majorité des ¾ pour être levé.

Espèces concernées : les grands cétacés (ou baleines) : treize espèces comprenant les baleines à fanons (baleines franches, rorquals, etc.) et le cachalot qui est une baleine à dents.

Le moratoire sur la chasse commerciale a été voté en 1982 (entré en vigueur en 1986) et 3 pays ont fait une objection : Russie, Norvège, Islande.

Deux sanctuaires où la chasse commerciale serait interdite en cas de levée du moratoire : celui de l’océan Indien créé en 1979 et celui de l’Antarctique créé en 1994, à l’initiative de la France.

Types de chasse pratiquée :

- Chasse commerciale sous objection pour la Norvège (depuis 1993) et l’Islande (depuis 2006). Au total, depuis 1993, 6 000 petits rorquals auront été prélevés (essentiellement par la Norvège qui effectue un prélèvement annuel actuel de l’ordre de 600 animaux). L’Islande a annoncé à partir de 2009 un prélèvement annuel de 150 rorquals communs et de 100 petits rorquals.

- Chasse aborigène pratiquée par les États-Unis (Alaska sur la Baleine du Groenland et la Baleine grise), la Russie (Sibérie sur les mêmes populations), le Danemark (Groenland sur le Rorqual commun, le Petit Rorqual et Baleines du Groenland), Saint-Vincent-et-les-Grenadines sur la Baleine à bosse. Les quotas sont accordés pour 5 ans et ont été renouvelés en 2007. Quotas autorisés pour la période 2008-2012 : Baleines grises : 620 pour 5 ans (majoritairement pour la Russie), Baleines du Groenland : 282 pour 5 ans (majoritairement pour les États-Unis et 2 pour le Groenland), Rorqual commun : 19/an, Petit Rorqual : 212/an (les deux espèces pour le Groenland), Baleine à bosse pour Saint-Vincent-et-les-Grenadines : 20 pour 5 ans.

- Chasse scientifique : pratiquée par le Japon depuis l’entrée en vigueur du moratoire et par l’Islande depuis son retour à la CBI en 2002. Depuis 1986, plus de 10 000 baleines, toutes espèces confondues auront été capturées, essentiellement par le Japon dans le Pacifique Nord et l’Antarctique. Les quotas annoncés par les pays concernés dans les programmes scientifiques sont les suivants :

  • Japon dans le Pacifique Nord : un programme a démarré en 2000 prévoyant la capture de 220 Petits rorquals, 50 Baleines de Bryde, 100 Rorquals de Rudolf et 10 Cachalots/an ; et dans l’Antarctique : un nouveau programme a démarré en 2005-2006 prévoyant la capture annuelle de 850 Petits Rorquals, 10 Rorquals communs et 50 Baleines à bosse (suspendue en 2007 pour cette dernière).
  • Islande : Un nouveau programme a démarré en 2003 prévoyant la capture annuelle de 100 Petits rorquals et 50 Rorquals de Rudolf mais les quotas réellement autorisés ont été bien moindre

Le moratoire de 1986 tient toujours malgré ses imperfections mais a bien failli basculer il y a quelques jours !!

Le projet d'accord soumis par la CBI à ses adhérents pour les dix prochaines années  aurait permis au Japon d'établir son contrôle sur l'ensemble des chasses - aborigène, commerciale et scientifique - afin d'établir des quotas annuels de baleine dans le respect des recommandations scientifiques pour ménager les stocks. Mais du point de vue des conservationniste, cet accord revenait aussi à légitimer la chasse au détriment du moratoire en vigueur depuis 1986 et à ouvrir le sanctuaire austral, autour de l'Antarctique, à la flotte japonaise qui y capture la majorité de ses prises (plus de 1.000 baleines en 2008-2009).

De toutes façons la nature même de l'organisation (ancien club de chasseur aujourd'hui majoritairement occupé par des protecteurs) rend difficile son fonctionnement ! Et la politique internationale du Japon qui investit dans les ports et les infrastructures de tous les pays qui ont du mal à boucler leur budget lui vaut de nombreux soutien ! Notamment de pays comme le Mali n'ayant  pas d'accès à la mer et se préoccupant plus de boucler leur budget que de sauver willy !

Les baleines restent donc en sursis et c'est toujours aussi incroyable que l'Homme décident de la vie des autres occupants de cette planête comme si tout lui appartenait !!!

 

 

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 ROBINSON TAINOS GUADELOUPE

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