Les echos du bowl

Kesako Biomasse?

La biomasse correspond à tous les matériaux d’origine biologique employés comme combustibles pour la production de chaleur, d’électricité ou de carburants. De manière générale, la biomasse regroupe toutes les matières organiques pouvant devenir des sources d’énergie. Ces sources potentielles d’énergie sont à la fois renouvelables et durables.

Ces matières organiques constituent une forme de stockage de l’énergie solaire, car elles proviennent de plantes qui utilisent leur chlorophylle pour capter les rayons du soleil. Ainsi, les matières organiques peuvent être utilisées soit directement (bois énergie) soit après leur méthanisation (biogaz) ou suite à de nouvelles transformations chimiques (biocarburant). On distingue donc trois formes de valorisation de la biomasse : sous forme de chaleur, par conversion biologique, sous forme de carburant.
A l’heure actuelle, les Etats-Unis sont le premier producteur d’électricité à partir de la biomasse (30,7 % du total mondial), devant l’Allemagne et le Brésil (7,3 %).

La filière bois-énergie.

Le bois énergie représente aujourd’hui près de 14 % de la consommation énergétique mondiale. En France cependant, le bois ne représente que 5% seulement de la consommation finale d’énergie (dont 85% utilisés dans les maisons individuelles).

Le bois est source d’énergie renouvelable, largement disponible. Il a également un très bon rendu énergétique. Issu des déchets de la forêt ou des industries du bois, il est brûlé pour produire de la chaleur. L’énergie chimique du bois est libérée par combustion sous forme de chaleur et utilisée directement pour le chauffage ou pour produire de l’électricité. Le bois comme source de chauffage est ainsi utilisé à toute échelle. On le retrouve sous quatre formes principales : les bûches, les granulés de bois, les briques de bois reconstituées et les plaquettes forestières.

L’utilisation du bois énergie présente cependant quelques inconvénients.

L’utilisation de bois dans des foyers mal ventiler peut en effet entraîner des problèmes pulmonaires pour les habitants. Par ailleurs, le transport et l’acheminement du bois a un impact évident sur l’environnement.

En revanche, lorsqu’il est issu de forêt gérées durablement, son utilisation n’aggrave pas la déforestation ni l’effet de serre. Par ailleurs, dans la plupart des pays européens (dont la France), le prélèvement forestier reste inférieur à l’accroissement naturel de la forêt. Le bilan carbone est donc positif.

Le biogaz.

Le biogaz correspond aux effluents gazeux issus de la fermentation de matières organiques. Cette fermentation – aussi appelée aussi méthanisation – se produit naturellement (dans les marais par exemple) ou spontanément (dans les décharges contenant des déchets organiques). On peut également la provoquer artificiellement dans des digesteurs (pour traiter des boues d’épuration, des déchets organiques industriels ou agricoles, etc…).

Le biogaz est un mélange gazeux composé de méthane (50 à 70%), de CO2, d’eau et de sulfure d’hydrogène. On y retrouve aussi parfois d’autres composés issus de contaminations (et notamment dans les biogaz provenant de décharge).

Le biogaz constitue ainsi la forme renouvelable d’une énergie fossile très courante : le gaz naturel d’origine fossile (composé entre autre de méthane, butane et propane). Le méthane contenu dans le biogaz est un gaz à effet de serre très puissant. C’est pourquoi sa revalorisation est préférable. C’est une ressource énergétique intéressante qui permet de produire de l’électricité ainsi que de la vapeur via sa combustion. En brûlant, le méthane rejette du CO2, 21 fois moins puissant que le méthane.

Ainsi, récupérer le méthane permet à la fois une action dépolluante (il vaut mieux rejeter du CO2 que du méthane pur) et génératrice d’énergie.

Les biocarburants.

Les biocarburants – également appelés agrocarburants – sont des carburants produits à partir de matériaux organiques renouvelables et non fossiles.

Il existe deux grandes familles de biocarburants : l’éthanol et le biodiesel. L’éthanol est produit à partir de blé et de betterave tandis que le biodiesel provient d’esters d’huiles végétales (colza, tournesol). En France, l’éthanol est fabriqué à 70% à partir de betterave et à 30% à partir de céréales. Il est incorporable en mélange direct dans l’essence. Quant au biodiesel, il est connu en France sous son nom de marque « Diester ».

Selon les directives européennes votées en 2003, les biocarburants devront participer à hauteur de 5,75 % dans l’approvisionnement énergétique des transports terrestres en 2010. Début 2007, l’Union européenne s’est fixé un objectif de 10 % pour 2020. En France, le gouvernement vise un objectif d’incorporation des biocarburants de 7 % en 2010 et 10 % en 2015.

Aujourd’hui, face aux changements climatiques et à la flambée du prix du baril de pétrole, les biocarburants sont envisagés comme une alternative énergétique durable. Cependant, la production de biocarburants favorise la déforestation et fait concurrence à l’alimentation. En effet, les biocarburants nécessitent d’être exploités sur des terrains qui, du coup, ne sont plus destinés à des cultures alimentaires. Ils détournent ainsi les terrains labourables de leur vocation alimentaire et réduisent par la même les surfaces arables disponibles pour la culture alimentaire. Ces deux facteurs entraînent inévitablement une hausse des prix agricoles!!!!

Les "agrocarburants", ennemis des forêts ?

Les agrocarburants créent la polémique. Alors que de nombreux écologistes les considèrent comme un moyen efficace de lutter contre le réchauffement climatique, certains experts craignent qu'il ne s'agisse là que d'une illusion. Au contraire, la tendance aux agrocarburants pousserait les Etats tropicaux, comme le Brésil, à étendre les surfaces de cultures de soja, de cannes à sucre...au détriment de la forêt, qui protège justement du réchauffement.

Les agrocarburants, ex-biocarburants, participent-ils à la déforestation ? Selon de nombreux chercheurs, il s’agirait en effet d’un effet pervers des carburants d’origine végétale. "Ce que nous voyons désormais avec ce boom des biocarburants c'est une menace grandissante pour la forêt tropicale", a expliqué, samedi, Holly Gibbs, une scientifique de l'Université Stanford . "Il y a une inquiétude croissante que l'augmentation de la production de biocarburants pourrait accroître les émissions nettes de CO2 plutôt que de les réduire."

Brésil, Indonésie et Malaisie...ont répondu à la demande mondiale grandissante pour l'alimentation humaine, animale et les agrocarburants en augmentant leur production de soja, d'huile de palme, de colza, a expliqué la chercheuse. La superficie des terres de culture dédiée au soja au Brésil a augmenté de près de 15% par an depuis 1990.

Ce phénomène reflète en partie la hausse de la demande alimentaire mais les scientifiques pensent que la récente augmentation des superficies de cultures est en grande partie liée aux agrocarburants. La production mondiale d'éthanol a quadruplé et celle de biodiesel à décuplé entre 2000 et 2007, a relevé Holly Gibbs.

Pour parvenir à ces conclusions, la chercheuse a analysé des images satellites recueillies entre 1980 et 2000 montrant que plus de la moitié des nouvelles terres cultivées proviennent du défrichement de zone de forêt tropicale intacte. "C'est une préoccupation majeure pour l'environnement de la planète", a jugé cette spécialiste soulignant que les forêts tropicales sont les plus efficaces pour emprisonner le CO2 dont elles stockent plus de 340 milliards de tonnes.

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 ROBINSON TAINOS GUADELOUPE

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