Les echos du bowl

CHRETIEN Style!


A la Question "POURQUOI LE WINDSURF, SURF?", voilà le texte envoyé par notre pote VINCENT CHRETIEN, assurement l'une des plus belles plume de la glisse. Enjoy it et ou faites un copié/collé si vous avez ce sujet au Bac.. Yes i Kretos.
 J’aime écrire les sports de glisse, la planche et le surf surtout. J’aime écrire ces sports qui ont émergés chez nous à la fin des années soixante-dix et contemporains du mouvement punk-rock, mouvement qui a su faire souffler sur l’Occident un vent culturel nouveau et décomplexé. J’aime écrire la liberté et l’absence de contraintes. J’aime écrire le “do it yourself” , et la plage, et la route, et les filles, et le vent farceur, et les éléments emportés. J’aime écrire les amis de toujours et les amis d’un seul jour. J’aime écrire l’ivresse et “l’ailleurs-meilleur”. J’aime écrire la proximité et le tropique. J’aime écrire ces deux sports riches de valeurs premières et exempts d’esprit guerrier, se situant par la même à l’exact opposé de “ l’idée de sport “ réintroduite en Europe au début du vingtième siècle par Pierre de Coubertin enfermant, quoiqu’on en dise (*), l’exercice du corps et la logique de l’esprit dans une perpétuelle et exclusive confrontation à l’Autre. J’aime écrire ces deux sports, la planche et le surf, qui permettent l’ouverture et l’expansion de soi. J’aime écrire l’Absolu tutoyé loin des dogmes, des religions et des utopies sociales et politiques. J’aime écrire le corps réfléchi comme un simple mais fabuleux véhicule à sensations. J’aime écrire la confrontation honnête et obligée aux éléments. J’aime dire le corps dépensé et l’esprit libéré. J’aime écrire et dire l’extase et la peur archaïque de l’être quotidien dépassé par plus grand, par plus fort et par plus héroïque que lui. J’aime dire la nature sauvage, indomptée, immuable, immémoriale, inviolée et inviolable. J’aime écrire l’absence de discours quand au sortir d’une bonne session l’être ne peut plus rien que se taire et s’en retourne à la “ vie vraie “ comme lavé, le moi délié, défait pour quelques heures au moins de ses névroses, interdits et autres déterminismes. J’aime écrire cette extrémité de l’être. J’aime écrire l’indicible, ou tenter de le rendre, de le restituer. J’aime écrire et tenter sans prétention, très loin des écoles de pensée et autres chapelles philosophiques ou psychanalytiques, de dire la Vérité. J’aime dire la Vérité ressentie et entrevue subrepticement et par instants. J’aime dire, comme le définissait les Grecs Anciens, cette praxis (**), ce point extrême de l’être où tout se conjugue et dissout. J’aime dire ce parachèvement. J’aime écrire la planche et le surf car plutôt que d’enfermer l’être dans une définition étroite et stérile de lui-même et de son rapport à l’existence, ces deux sports nous permettent par instants, non pas de nous ériger en détenteurs d’une absolue vérité, mais de se sentir, pour une heure, pour une journée ou une semaine dans “ la ligne de la vérité”. Ou, plus modestement encore, de se sentir et se savoir dans la ligne de notre vérité intérieure. J’aime dire ce parfum envoûtant, cette osmose et cette réconciliation intime. J’aime écrire tout cela et c’est pourquoi j’ai toujours pris un immense plaisir à “ accoucher “ nos champions, à leur faire rendre, à les “inviter “ à nous faire partager leurs sensations quand eux sont capables de confrontations et de prouesses impensables pour le commun des mortels. J’ai toujours aimé leur “ souffler “ leurs discours, les restituer et les structurer dans un souci de partage et d’encouragement au dépassement de soi. J’aime écrire la planche et le surf ces deux sports qui invitent au perpétuel renouvellement de soi et autorisent des individus singuliers.
(*) Pour mémoire rappelons que le Baron Pierre de Coubertin était un aristocrate “ colonialiste fanatique “ selon ses propres termes accordant une place centrale à l’honneur patriotique et au nationalisme. Il interdit les premiers Jeux (à Athènes en 1896) aux femmes faisant montre dans ses déclarations d’une misogynie exacerbée à leur égard. Sa “ vision “ du sport visait “ l’excellence dans la compétition “ et s’opposait à celle réfléchie alors par Pascal Grousset, ancien Communard, qui encourageait un renouveau de la pratique sportive égalitaire et vouée au plus grand nombre. “ Ce Monsieur Grousset est un homme que je méprise et avec lequel je ne veux pas avoir de rapport “, se contenta d’appuyer Courbertin pour couper court à toute forme de dialogue. Il écrivit enfin - ce qui se résume finalement le fondement de sa pensée - dans l’Education Anglaise, je cite : “ Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! c’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts “. L’important, c’est de participer, avez-vous dit ? Une fable savamment entretenue. Pierre de Coubertin n’a jamais prononcé cette phrase. Elle lui a été attribué pour servir les intérêts de l’olympisme moderne après le désastre et la récupération politique des jeux de trente-six par le Troisième Reich. 
(**) Praxis : mot grec utilisé en philosophie, signifiant la prééminence du vécu sur la pensée : même si on ne peut la dire, la vérité peut se vivre.
ENDLESS GLISSSSSSSS
VINCENT 

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 ROBINSON TAINOS GUADELOUPE

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